Parce qu'il fallait vivre, ces yeux obstinés, s'ouvrent le matin, se ferment la nuit comme une automate. Ils se sont figés sur un détail. Le temps de s'appercevoir qu'ils creusent le décolté de cette jeune fille un peu énervée, que sait-on par qui et par quoi. Démasqué, ils cherchent refuge encore et encore sur un autre détail jusqu'à ce que les quelques fonctions vitales donnent l'ordre de se fermer pour ne pas être vu. Jusqu'où peut-on refuser de voir, d'entendre de toucher mais de vivre quand même ? A perdre la mémoire, la vie devient insignifiante. Ce qui est lu aujourd'hui est oublié demain. Hier, croire connaître Bacon, l'aimer, aujourd'hui le fuir dans sa mémoire.
Le temps passe, la tombe nous sourit.
Le temps de faire une pause, prendre la fuite de l'espace devenu pesant.
Le temps d'absorber à petite dose une drogue pour voir la tombe nous faire le dos.
Le temps de s'éloigner de l'un pour se rapprocher de l'autre. Valser entre l'oublie et le passé.
Je verrai si je serais intriguée par le suspens du futur.