Patogh-e-Mitra

"Patogh" est un endroit où on se sent bien. Cet endroit existe dans le but de construire un avenir digne de ce nom.

24 novembre, 2006

L'art de l'improvisation - Ostad Lotfi

La première fois que j'ai eu l'occasion d'écouter une improvisation indienne, j'ai été surprise par la façon dont l'interprète arrive à gagner la confiance de son auditoire. Le thème indien de l'improvisation n'a fait qu'acroitre ma juissance.

L'art de l'improvisation dans la musique traditionnelle persane est ancien. Les iraniens ont su transmettre cet art de génération en génération. Pour y arriver, il faut 7 éléments dont :
1. Savoir jouer aux instruments,
2. Connaître la technique de "Radif" (ne me demandez pas ce que c'est parce que je n'en sais rien encore !!! En gros, cela doit être une manière d'agencer les notes, comme on le ferait pour une fugue dans la musique occidentale),
3. Avoir l'expérience d'écouter les travaux des autres maîtres de l'improvisation,
4. Connaître les travaux anciens de nos ancêtres,
5. Avoir une connaissance de la littérature classique iranienne,
6. Etre capable d'arriver dans un état de transe dû à l'amour qu'on porte à la culture musicale persanne,
7. Se connaître profondément.

Celui qui joue une improvisation est tellement concentré qu'il n'a nullement besoin de produits tel que boisson alcoolisé ou tout autre produit qui facilite l'entrée en scène des artistes. Ca me rappelle souvent les dervishs tourneurs qui arrivent à danser pendant des heures sans tomber.

Vous avez 45 minutes ? Vous voulez écouter Ostad Lotfi qui est "The maître de tar et de sétar et de kamancheh" jouer une improvisation que les frenchies ont écouté en France lors d'une fête de radio de France en 2000 ?
Let's go ... parce que sinon, vous pouvez dire que vous n'avez pas vécu ... ou presque ... bon d'accord, j'exagère !
MOI, J'ADORE.

Ah oui, autre chose : au début, c'est un peu lent, bon d'accord archi lent ... ne décrochez pas, patience ... concentrez vous, fermez les zyeux car Lotfi sait vous faire voyager dans le plus profond de votre être mais pour cela, il a besoin du temps ... c'est ça l'improvisation. Ecoutez aussi sa voix de condamné, esclave de cette musique. Après cela, vous n'allez pas me dire qu'il n'y a pas plus libre qu'un artiste ! Pour moi, il n'y a pas plus enchaîné qu'un artiste.

Bedaheh Navazi - Lotfi - Khamouchaneh



Le premier poème est celui de Hafez, je me suis donné la parole de ne plus traduire parce que ce serait équivalent de mettre des glaçons dans un bon verre de vin rouge !
En gros il nous demande ce qu'on veut du monde puisqu'on peut boire le vin, embrasser des lèvres d'un être et sentir le parfum de fleurs ...

می خواه و گل افشان کن از دهر چه جویی
این گفت سحر گه گل بلبل تو چه میجویی
مسند به گلستان بر تا شاهد و ساقی را
لب گیری ورخ بوسی می نوشی وگل بویی

Le deuxième celui de Ghazvini.

Ah oui, autre chose : alors que les politiques iraniennes et américaines n'ont pas été capable de rétablir la négociation afin d'arriver à une entente, la musique persanne y est parvenue puisqu'elle a été bien accueilli par les amériacains ... La musique est sans aucun doute un langage de communication internationale.

16 novembre, 2006

Une journée pas comme les autres

Pour lui éviter de s'éloigner de son lieu de travaille, je lui ai donné rendez vous au café "Le Canon de la nation" à 9h30. Il devait me parler du client à qui il allait me présenter ce soir dans la rue Penthièvre dans le 8 ième.

Arrivé au café, ne connaissant de lui que son nom, je cherche à dévisager de loin quelques personnes.
Incroyable le nombre de personne dans ce café à trinquer quelques verres avant de partir au travail me dis-je.

Je remarque enfin une personne qui me regardait comme s'il m'attendait. J'étais tellement sûre de moi que j'avance en me doublant le volume des poitrines l'air de faire bonne impression dès le départ. Je tends les mains ... je remarque des hésitations. Cela aurait dû me mettre la puce à l'oreille : "casse toi mitra, tu viens de faire une gaffe", mais non, je continue avec cette nouvelle assurance avec laquelle je ne suis pas encore tout à fait familière.
- Vous êtes bien Monsieur X ?
- Non Madame.

A l'espace d'une seconde, tout un film de 2 heures passe dans ma tête fumeuse et je ne cherche qu'une chose : trouver le moyen le plus rapide de disparaître !
Je reprends mes esprits et je repars à la recherche de mon homme.

Je le trouve.
On parle boulot et client.
Il me paie le café.
On se donne rendez vous le soir à 17h.

Le soir, en mettant le pied dans la rue Penthièvre, je n'arrive pas à y croire. Quelle rue ! Moi qui adore Paris, j'ai toujours (ou presque) été en mission en dehors de Paris et pour la première fois, je suis dans une rue de Paris et en plus avec pleins d'atelier.
Etant en avance, je décide de me promener.
Le téléphone me rappelle au devoir et je pars avec lui au rendez vous.

Tout se passe bien sauf un petit quelque chose qui m'a terriblement choqué : le big chef lui demande "combien ?". Je ne savais pas où me mettre !

On décide de faire le bilan autour d'un verre.
Il me semble nerveux.
Je lui demande ce qu'il a pensé de ma présentation et ce qu'il a pense du client.
On termine notre conversation.
Je paye l'addition.
Je rentre jouer avec boubou.

11 novembre, 2006

Sediqa Massoud

Bien que j'évite la lecture de ce type de livre, la lecture du livre de Sediqa Massoud, chaudement recommandé par Yves, a été un pur moment de plaisir. Ainsi, j'ai pu ressentir un mélange de joie parce que la vie du commandant Massoud a été riche et de rage parce que l'Afghanistan ne mérite pas de perdre un tel homme.

Le témoignage de sa femme est émouvant, sincère et plein de simplicité. Néanmoins, Sediqa n'a pas pu s'empêcher de justifier quelques actes de son mari qui avaient été reprochés par le monde extérieur. Ignorait elle que Massoud n'avait pas besoin de justifier ses actes ? D'un autre côté, comment pouvait elle s'interdire de délivrer au monde entier ce qui lui pesait sur son coeur ?

Massoud a réussi de donner de l'espoir à toute une population démunie de toute aide extérieur.
Il a été respectueux vis-à-vis de sa famille et les a traité à égalité avec les autres afghans.

En lisant ce livre, de nombreuses questions me sont venues à l'esprit :
Pourquoi a-t-il décidé de se marier alors qu'il été engagé dans un combat sans fin ?
Pourquoi l'avoir fait avec une fille aussi jeune ?
Pourquoi l'avoir fait avec une fille qui n'a pas eu l'occasion de faire des études ?
...

Toutes ces questions sont sans grand intérêt.
Ce que je sais c'est que la compagnie d'une femme auprès d'un homme vivant l'horreur de la guerre apporte la sérénité. Rien que pour cela, Sediqa peut être fière, sans parler de leur grande complicité de leur parfait amour.

Quelque part, le fait de les savoir actuellement en Iran me rapproche d'eux. Quelque chose me dit que leur fils rentrera au pays un jour ou l'autre.

Une petite partie des afghans parlent un persan pur (sans introduction de mot arabe). Leurs accents et la tournure de certaines de leurs phrases amuse beaucoup les iraniens.

06 novembre, 2006

Leçon n°2

Etre en mesure de dire :
"It's a good day : I learned something today."

02 novembre, 2006

La galanterie

Mon regard s'est fixé un bon moment sur ce tableau de Jack Vettriano lorsque j'attendais sagement mon tour dans le cabinet du médecin. C'est alors que je me suis mise à y trouver une forme de galanterie démesurée.


Ces deux élégantes femmes qu'on voit de dos ont l'air préoccupées par l'éventualité de se salir la robe.
Cet homme et sa manière de se tenir légèrement courbé (vers la droite) semble prendre soin de cette femme qui a l'air de l'ignorer (tête légèrement à gauche).
Cet homme est si attentionné qu'il s'ignore complètement pour le bien être de la femme en décolté en forme de V (comme les bretelles du monsieur d'ailleurs).

D'où vient donc l'origine de la galanterie ?Au XVII ième siècle la galanterie était un art de dire, du bien parler. Il s'agit d'un nouveau type de comportement.
Aujourd'hui, la galanterie est utilisée dans l'art de séduction. Une fois que la femme est séduite et passée à la casserole, il se passe un phénomène étrange de translation vers une autre femme non encore effleurée.
Mon dieu comme j'ai pitié de ces hommes se plaignant de la lenteur du réveil sexuel chez les femmes. Du vent messieurs, ce n'est que du vent, c'est pour faire durer le plaisir de vous voir si baveux face à notre féminité qu'on vous fait languir.

J'étais étudiante.
Un jour, je rencontre un charmant jeune homme qui sortait de l'ascenseur avec pleins de sac à la main.
Echange de bonjour puis il se lâche.
Charmant jeune homme : vivement le jour où je trouverais la femme de mes rêves.
Mitra : Pourquoi donc ?
Charmant jeune homme : Eh bien comme ça, elle s'occupera de mes courses.

J'étais bleue. C'était ce même charmant jeune homme qui me tenait la porte à chaque fois qu'on se voyait devant une porte.

A mon sens, la galanterie telle qu'on l'observe aujourd'hui n'est plus justifiée.
De nos jours, elle est plus une formalité. Elle a perdu le sens profond de son temps.

Quelques exemples de la galanterie à l'orientale :
- L'homme doit marcher 10m devant la femme.
- Au restaurant, on commence par servir le monsieur.
- etc.