Le vieil homme de Saad-Abâd
Il nous attendait toujours à la sortie du lycée dans cette fameuse intersection en forme de T où il s'était auto-désigné l'agent de la circulation. Toujours souriant, il mettait des tas de branches dans un grand bidon métallique et avec un peu de pétrole et du feu, il se préparait une de ces cheminées locales à faire envier celui qui se paie une fortune pour une nuit de fantaisie dans un chalet huppé.
Du haut de la descente qui menait au point crucial, je me demandais si mon rendez vous était bien là pour lui donner une partie de mon argent de poche en échange d'une poignée de sourire. C'est alors qu'il prononcait quelques mots incompréhensibles en guise de remerciement supposais-je car il lui manquait toute une rangée de dents de devant. Il me faisait rire avec son nez duquel il coulait une forme de stalactite verdâtre permanent.
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